Le substrat, important en arboricarium ?

Il est très difficile de ne pas prendre en considération la composition du sol dans l’aménagement d’un terrarium. L’étymologie du mot étant, je pense, suffisamment explicite… Mais qu’en est-il pour un arboricarium ? Ce cas particulier de vivarium représente un biotope arboricole et, par définition, la clé de son aménagement se situe en hauteur, avec la mise en place de branches, de lianes, de troncs et de divers végétaux. Pour autant, le substrat n’est pas à négliger ! Laissez-moi vous expliquer pourquoi…

Les éleveurs de reptiles et amphibiens arboricoles (geckos, caméléons, anoures, etc) sont parfois tenté de délaisser le substrat au profit d’un sol nu, ou d’une simple feuille de journal, dans le but de faciliter l’entretien et d’assurer une hygiène optimale. Après tout, si l’animal est arboricole et ne descend que rarement au sol, pourquoi s’embêter à en faire un ? Dommage car celui-ci est pourtant bien utile ! En fin de compte, la présence d’un substrat de qualité est aussi important dans un terrarium classique qu’en arboricarium, et ce pour les mêmes raisons :

  • Favoriser l’enracinement des plantes pour leur fixation, leur hydratation et leur nutrition,
  • Héberger une microfaune de détritivores auxiliaires,
  • Augmenter l’hygrométrie au niveau du sol et établir un gradient vertical,
  • Assurer une zone de ponte pour les femelles (dans le cas où l’espèce enterre ses œufs),
  • Obtenir un aspect naturel esthétique, agréable à observer pour nous, mais surtout adapté à l’espèce maintenue.

Le substrat doit, bien-sûr, être en adéquation avec le biotope imité, dans le cas d’un arboricarium c’est souvent un habitat forestier. Ainsi, il s’agirait globalement d’un substrat riche, léger, humifère et surtout recouvert d’une litière de feuilles mortes plus ou moins épaisse. Cette litière est importante, elle permet de conserver l’humidité du sol, d’apporter des nutriments aux plantes lorsqu’elle est dégradée et de protéger la microfaune du sol. Bien sûr, la composition des sols est très différente en fonction de l’écosystème forestier considéré (plus ou moins sablonneux, humide, acide, recouvert de végétation ou non, etc), et des petits ajustements peuvent se faire au cas par cas. Toutefois, il vaut mieux retenir quelque chose de stable et efficace plutôt qu’une copie exacte d’un sol in-situ, sachant qu’il s’agit d’un objectif inatteignable…

Bref ! Dans notre cas, qu’est-ce qui ferait un bon sol ?

  1. Non toxique : oubliez donc le terreau de rempotage, les fongicides, les insecticides et les engrais classiques qui risquent de poser problème à vos animaux (surtout dans le cas d’amphibiens !). Certes les plantes ont quand même besoin de se nourrir, mais la dégradation de la litière ainsi que les déjections des résidents devraient suffire. Si nécessaire on peut toujours complémenter avec des engrais maison, une décoction à base d’algues par exemple.
  2. Suffisamment fin : même si votre animal est arboricole, il n’est pas exclu qu’il chasse aussi au niveau du sol, il est donc préférable d’éviter tout composant grossier (billes d’argiles, éclats de coco ou d’écorces) limiter le risque d’occlusion intestinale. Ceci dit, si le substrat est recouvert de sa couche de feuilles mortes le risque est faible, et il peut être intéressant d’avoir un substrat hétérogène (plus drainant et plus proche de la réalité in-situ). En bref, il faut juste éviter de recouvrir le substrat de gravier, billes d’argiles ou autre élément grossier.
  3. Drainant et aéré : il faut absolument que l’eau puisse s’écouler convenablement, si le substrat absorbe trop et stock à la manière d’une éponge, on a un gros risque de pourrissement des racines, d’anoxie, prolifération de pathogènes, et les mauvaises odeurs qui vont avec…

Chacun sa méthode, mais tant qu’à faire, voici ma popote pour un substrat forestier ! Je le veux drainant, nutritif, aéré, tout en retenant assez bien l’eau. Il s’agit donc d’un mélange de 30% de terreau de feuilles (biologique), 20% d’humus de coco, 20% de petits éclats de bois ou d’écorces, 20% de sable, 10% de perlite, évidemment le tout recouvert d’une litière de feuilles mortes (au choix : chêne, peuplier, orme, bouleau, pommier, saule, charme,…).

Et si vous réalisez vous-même votre installation, je recommande vivement de prévoir un système de drainage et d’évacuation de l’eau ! Ce truc tout bête évitera les tracas concernant le point n°3 évoqué plus haut… Encore une fois, je détaille ma méthode ci-dessous. Ce n’est évidemment pas la seule, mais elle fonctionne bien donc j’en suis satisfait. D’ailleurs je reprend ce sujet, et bien d’autres, dans une conférence sur la maintenance des caméléons, si ça t’intéresse…

  • BOUR, Aurélien, 2013. Atlas de la terrariophilie – Volume 4: Les Plantes du terrarium. 1er édition. Maurens : Animalia. ISBN 978-2-35909-031-4.
  • PURSER, Philip et HILLAIRET, Marie-Line, 2013. Terrarium naturel. Chamalières : Editions Artémis. ISBN 978-2-8160-0394-9.
  • PRIMETENS, Gabriel, 2019. Créer un terrarium tropical humide. Illustrated édition. Paris : Ulmer. ISBN 978-2-37922-073-9.

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