Avant toute chose, oui, c’est trop cool, un scorpion ça brille en vert-cyan si on l’éclaire avec une torche UV. Pratique pour les repérer la nuit ! Sur les photos ci-dessous, vous pouvez voir un Heterometrus petersii dans différentes situations d’éclairage (switchez de l’une à l’autre c’est rigolo) : sous lumière blanche, puis sous lumière UV. Alors quelle est donc cette diablerie ?
On parle ici de fluorescence, c’est-à-dire que certains matériaux (comme ici la cuticule des scorpions) peuvent absorber de la lumière (ici un rayonnement UV de 350 à 370 nm) et la réémettre sous forme de rayonnement de longueur d’onde plus grande (ici dans le visible en vert-cyan !). J’imagine que vous voulez savoir pourquoi/comment les scorpions brillent ? Clairement j’ai la flemme de rentrer dans des explications longues et compliquées, retenez juste que c’est la structure de la cuticule elle-même qui fait le taf, accompagnée de molécules particulières telles que des β-carbolines (à vos souhaits).
Bon ok c’est cool de briller dans le noir mais à part dans les boîtes de nuits branchées pour scorpions, à quoi ça sert ?? Et bien concrètement… On n’en sait rien. Mais il y a des hypothèses ! La plus dingue serait que la fluorescence leur permettrait de voir la lumière avec leur corps ! Hein ? Ok j’explique… Les scorpions sont quasiment tous nocturnes et lucifuges (ils fuient la lumière), et pour pouvoir trouver les zones d’ombre dont ils raffolent il faut pouvoir détecter les variations de lumière. Une étude de 2012 suggère que toute la cuticule puisse fonctionner comme un collecteur de photons, en mode panneau solaire ou proto-œil, sur le corps entier. La lumière UV captée y est convertie en information et le scorpion peut l’utiliser pour détecter un abri et surtout savoir si il est bien entièrement caché dessous. En gros, si une partie du corps est recouverte le « signal UV » diminue, et inversement pour celles encore à découvert.


- GAFFIN, Douglas D., BUMM, Lloyd A., TAYLOR, Matthew S., et al. Scorpion fluorescence and reaction to light. Animal Behaviour, 2012, vol. 83, no 2, p. 429-436.
