Description d’un aquarium communautaire de 450L pour cichlidés africains.

Qui n’a jamais voulu chez soi d’un magnifique aquarium avec de beaux poissons à admirer ? Mais attention, je ne parle pas ici d’un petit bocal rond pour poisson rouge (à proscrire d’ailleurs !)… Non je te parle d’un grand volume avec une communauté d’espèces, colorées et affichant des comportements complexes et fascinants ! Les cichlidés sont ici tout indiqués, et plus précisément les cichlidés africains… Laissez-moi donc vous raconter un projet concret : un aquarium de 450L dédié aux cichlidés du lac Malawi ou Tanganyika.

Dans cette article vous trouverez une description assez complète de la mise en place et de l’entretien d’un aquarium de 450L dédié à une population de cichlidés africain. Il s’agit bien évidement d’un exemple et tout ce qui est écrit ici est adapté dans ce contexte mais ne le sera pas forcément chez toi. Enfin, je reste ouvert sur deux type de populations pour ce bac : des cichlidés du lac Malawi ou du lac Tanganyika. C’est bête mais je n’aime pas mélanger les deux, même si au final des espèces vivant dans un même lac peuvent ne jamais se croiser tant ils sont immenses et profonds… Dernière précision avant de commencer : je ne vais pas faire d’introduction pour présenter cette famille de poissons, il y a tant à dire que cela nécessiterait au moins un article entier ! Peut-être un jour…

Et sans plus attendre, rentrons dans le vif du sujet !

Partie I

Comparaison Malawi / Tanganyika

Parce qu’il est essentiel de connaître le biotope d’origine d’un animal avant même de songer à construire son installation ou de l’acquérir, voici un modeste tableau comparatif qui permettra au moins de te faire une idée.

LacsMALAWITANGANYIKA
Superficie29 600 km232 900 km2
ProfondeurMaximum : 750 m
Moyenne : 264 m
Moins de 10 % du lac à une profondeur inférieure à 100 m.
Maximum : 1471 m
Moyenne : 574 m
Altitude472 m775 m
TempératureSurface : 23 à 29°C
Profondeur : 22°C
24 à 29°
TurbiditéVisibilité de 1 à 20 mètresVisibilité à 20 mètres
pH7,8 à 8,58,5 à 9,2
BiotopesBeaucoup d’éboulis rocheux avec de nombreuses crevasses, mais aussi d’immenses étendues sableuses. Quelques rares zones marécageuses avec des plantes aquatiques et des roseaux.Roches : 43 % Sable : 31 % Intermédiaire (roches et sables) : 21 % Marais : 5 % Mais aussi de vastes zones vaseuses couvertes de coquilles de mollusques.
Diversité de cichlidésPlus d’espèces que n’importe quel autre lac, avec plus de 800 espèces décrites (nombre réel estimé à plus d’un millier). Nombreux genres endémiques, dont le groupe des M’bunas.Environ 250 espèces (presque toutes endémiques), de forme, de taille et de couleur très différentes. La plupart vivent le long de la côte jusqu’à ± 180 mètres de profondeur.

Partie II

Matériel et techniques

Description du bac et du matériel déjà à disposition

Avant de démarrer le projet j’avais déjà un peu de matériel à disposition, je le liste donc ci-dessous. La plupart des éléments sont adaptés, mais tu verra par la suite qu’ils ne sont pas forcément suffisants (la pompe par exemple).

Aquarium :

  • Dimensions : 180 x 50 x 50 cm
  • Contenance : 450 L
  • Agencement : incrusté dans un mur séparant deux pièces, 3 faces sur 4 sont transparentes.

Filtration / Chauffage :

  • 1 pompe 1200 L/h
  • Masses filtrantes : mousses bleues (petites et grosses alvéoles), perlon, nouilles céramiques
  • 1 thermoplongeur : 300 W

Éclairage :

  • Système de néons adaptable en LED (x3)
  • Minuteur (x1)

Décors :

  • Pierres de rocaille (x8)
  • Sable de quartz
Aquarium de 450L incrusté dans le mur pour cichlidés africains du lac Malawi.
L’aquarium en question, vue côté couloir…
Aquarium de 450L incrusté dans le mur pour cichlidés africains du lac Malawi.
… et vue côté salon !

Décors

Loin d’être uniquement esthétique, un décors approprié composé de sable et de roches est surtout vital au maintien des cichlidés. Il est nécessaire d’aménager de nombreuses cavités entre les roches qui serviront de refuge, de territoire et de lieu de ponte. Un environnement inadapté entraine un stress constant, qui lui-même engendre des maladies… Evitons ça !

Type de roche : calcaire et pleine d’anfractuosités, la pierre de rocaille est idéale ! Sinon des roches à pH neutre (ardoise, quartz, silex, granite).

Disposition : Premièrement, il est essentiel de placer les roches directement sur la vitre du fond, avant de mettre le sable. 1) parce que la pression exercée sur un grain de sable par une pierre peut briser une vitre, 2) les cichlidés vont creuser le sable, ce qui pourrait entraîner l’effondrement des roches posées dessus.

Configuration idéale dans notre cas :

  1. Positionner les roches au milieu sur la longueur de manière à ce que les poissons puissent nager aussi bien devant que derrière le décor.
    Avantage : évite aux poissons pourchassés de se heurter à une vitre latérale, ils tourneront autour du décor sans rencontrer aucun obstacle.
  2. Aménager deux territoires composés de deux tas de roches entassées de part et d’autre de l’aquarium, espacés par une zone sableuse.
    Avantage : permet d’une part de séparer deux territoires distincts et ainsi éviter les conflits entre des mâles batailleurs, et d’autre part de créer une zone libre au milieu pour les espèce de pleine eau ou préférant les bancs de sable.

Astuce : pour stabiliser les amoncellements de roches il est possible de les coller entre elles avec du silicone.

Astuce : utiliser des pots en terre cuite cassés ou (mieux !) des briques percées d’ouvertures de différents diamètres permet d’offrir de multiples abris aux alvins et juvéniles qui en ont besoin pour survivre. Evidemment ces éléments doivent être cachés sous les roches calcaires pour des raisons esthétiques.


Qualité de l’eau & système de filtration

Les paramètres de l’eau sont importants pour tout organisme aquatique, et fort heureusement ils sont aisés à contrôler et ajuster dans le cas des cichlidés africains.

I – Le pH

Un des plus importants, il est nécessaire de le contrôler de temps à autres (des tests sont disponibles dans le commerce). Il doit se situer entre 7,5 et 8,5 pour des cichlidés du Malawi et entre 8 et 9 pour ceux du Tanganyika. Ce qui est surtout essentiel pour les poissons, c’est la stabilité du pH. Les chocs dus aux variations brutales de pH peuvent leur être fatal. Si le pH est trop acide, il existe des solutions simples pour le rendre plus basique. Je ne les détails pas ici, ce serait un peu long mais tu peux poster un commentaire si tu veux en savoir plus.

II – Le KH

En fait c’est plutôt le TH en France, en plus il a des unités différentes selon les pays… Bref ! Retiens juste qu’il s’agit de la dureté de l’eau, celle-ci doit être douce pour des cichlidés africains, c’est-à-dire comprise entre 7 et 10,5 TH français (là encore, des tests existent mais attention aux unités).

Rappelons maintenant les 3 objectifs de la filtration :

  1. piéger les déchets et particules en suspension,
  2. les transformer biologiquement et chimiquement pour les neutraliser,
  3. enrichir l’eau en oxygène
Vue interne du bac de décantation avec le système de filtration.

I – Le bac de décantation

C’est le bloc gris côté mur (présent dans la plupart des gros bacs achetés dans le commence), c’est lui qui contient le système de filtration composé de 2 éléments : la pompe à eau et les masses filtrantes.

II – La pompe à eau

Son but est de rejeter l’eau en surface après filtration, épurée et oxygénée. Les cichlidés sont de gros pollueurs, le débit de la filtration doit donc être au minimum de 3 fois le volume de l’aquarium par heure. Dans notre cas, il faudrait un débit minimum de 1400 L/h (2 pompes de 700 L/h conviennent aussi), la pompe actuelle (1200 L/h) est donc insuffisante.

III – Les masses filtrantes mécaniques

Elles permettent de retenir les particules et déchets en suspension à la manière d’un filtre ou d’un tamis. Elles jouent également un rôle dans le traitement biologique des déchets puisqu’elles permettent aussi la fixation de bactéries épuratrices (comme tout autre support).
Paradoxe : leur rôle biologique ne peut se réaliser pleinement que si le débit de l’eau est assez faible (le temps que les bactéries traitent les déchets), or pour un bac de cichlidés il faut un débit de filtration important à travers les masses filtrantes.
Solution : ajouter des nouilles en céramique dans le fond du bac de décantation, là où le courant est faible, afin d’assurer une bonne épuration biologique par les bactéries.

Volume des masses filtrantes : il n’y a pas vraiment de règle, mais le rapport doit être au minimum de 1/100, un volume minimum de 5 L de masses filtrantes serait donc adapté ici (je pense qu’on n’atteint pas ce volume et il reste un peu de place pour en ajouter).

Ordre des masses filtrantes : on place la mousse à grosses alvéoles en début de filtration, ensuite celle à fines alvéoles, et enfin le perlon en fin de filtration. Attention à ce que le perlon ne soit pas aspiré par la pompe (une simple grille pour les séparer fera l’affaire).

mousses bleues avec différentes tailles d'alvéoles
Mousses bleues à grosses et petites alvéoles.
perlon
Perlon.

IV – Le brassage de surface

Le rejet de l’eau filtrée se fait idéalement au niveau de la surface pour créer des remous et ainsi mélanger l’eau avec l’air (effet venturi). Ça a pour effet d’éliminer le gaz carbonique, augmenter la teneur en oxygène et faire monter le pH. Bref : tout ce qu’on veut pour des cichlidés africains ! Les lacs africains sont de véritables mers intérieures avec un brassage énorme et des vagues en surface : l’eau est donc très bien oxygénée et il ne faut pas le négliger !

Schéma de l'organisation de la filtration à l'intérieur du bloc de décantation.
Schéma de l’organisation à l’intérieur du bloc de décantation.

Température & système de chauffage

Température idéale : 24 à 26°C.

Effets d’une température basse (18 à 22°C) : les poissons sont moins actifs, vivent plus longtemps mais sont aussi plus sensibles aux maladies, forte teneur en oxygène dissous.
Effets d’une température haute (27 à 29°C) : métabolisme des poissons accéléré et espérance de vie écourtée, mais meilleure résistance aux maladies, baisse de l’oxygène dissous dans l’eau.

Remarque : le Malawi et le Tanganyika sont des lacs très profonds et un grand nombre de cichlidés vivent loin de la surface. Ainsi, ils peuvent supporter des températures allant de 18 à 28°C, parfois moins. Une baisse de température est toujours préférable à une surchauffe.

Puissance du thermoplongeur : compter ½ watt par litre d’eau, soit 225W dans notre cas (prendre 300W par sécurité). Toutefois, comme les informations précédentes le laisse deviner, le chauffage n’est pas forcément nécessaire en fonction de la température de la maison (cf chapitre Partir en vacances).

Attention : penser à débrancher le thermoplongeur lors du changement d’eau, risque de casse par surchauffe.


Lumière & système d’éclairage

Pas de plantes = éclairage superflu ! Rappel toi le biotope d’origine des cichlidés africains, il y a très peu de végétation mais beaucoup de roches, donc même s’il est possible d’ajouter des plantes, ce n’est pas impératif et beaucoup de cichlidés vont même les déraciner ou les manger… Sans plantes, l’éclairage aura donc un but essentiellement esthétique, afin de mettre en valeur les couleurs des poissons, tout en limitant l’apparition d’algues.

Type d’éclairage : 2 options

  1. Le tube fluorescent (néon)
  2. Les LEDs (ma préférence personnellement, en terme de qualité et coût)
Système d'éclairage avec 3 tubes néons sous le capot de l'aquarium.
Système d’éclairage précédant, comprenant trois tubes néons. Je préfère maintenant utiliser des rampes LEDs.

Température de couleur : je recommande entre 7000 et 9000k (blanc froid).

Intensité : on dit généralement qu’il faut compter en moyenne 1 watt pour 2 litres d’eau. On peut donc suggérer 3 néons de 80 W chacun dans notre cas. Mais au final ce n’est pas le paramètre le plus important, et avec des LEDs, 2 tubes de part et d’autre feront l’affaire.

Durée d’éclairage : c’est la production d’algues qui donnera le temps d’éclairage. Toutefois, l’ensoleillement au Malawi varie entre 5h et 11h, je préconise donc d’éclairer 8 à 10 h/jour.
Aquarium trop éclairé = développement d’algues vertes.
Aquarium insuffisamment éclairé = développement d’algues brunes.
C’est un équilibre à trouver, mais le développement des algues est aussi lié à d’autres paramètres comme la quantité de nourriture distribuée (cf chapitre Alimentation), le nombre de poissons (cf chapitre Densité de la population), mais aussi la présence ou non de brouteurs d’algues (cf partie III).

Astuce : l’éclairage peut être considérablement amélioré en plaçant un réflecteur au-dessus qui renverra vers le bas toute la lumière. Il suffit pour cela de recouvrir l’intérieur du couvercle d’un matériau réfléchissant (ex : adhésif plastifié blanc, film mylar…).

Astuce : brancher un néon sur un minuteur différent permettrait un allumage et une extinction progressive du bac qui serait très bénéfique aux poissons ! (et si un minuteur défaille, il reste toujours le deuxième)


Alimentation & distribution

L’alimentation ce n’est pas banal, elle ne permet pas seulement de les maintenir en vie, mais le type d’alimentation conditionne l’état de santé, la reproduction, ainsi que l’éclat des couleurs des cichlidés !

Deux points fondamentaux :

  1. Varier l’alimentation : une nourriture unique, si bonne soit-elle, n’est jamais complète à 100% et conduit à des carences sur le long terme, si ce n’est pire.
    Recommandation : une alternance plus ou moins aléatoire d’aliments secs, congelés ou vivants est la clé.
  2. Nourrir peu : tu le sais, mais il est important de le rappeler. Les conséquences sont multiples et, au-delà du risque de maladies et d’obésité, une alimentation excessive, même faible, peut entrainer un développement d’algues et un pic de nitrites qui peut intoxiquer les poissons à plus ou moins court terme.
    Recommandation : une seule distribution par jour, un jour de jeûne par semaine minimum, et toute la nourriture doit être consommée avant de toucher le sol.

J’ai parlé de plusieurs types d’aliments, faisons une rapide exploration de ces possibilités :

I – La nourriture vivante

Avantages : très riche en vitamines et permet d’accroître l’activité des animaux (enrichissement).
Options : aller à la pêche avec une épuisette ou créer ton propre élevage, mais je ne connais pas grand monde qui ferait ça. Heureusement dans le commence on trouve facilement (et pour pas cher) de nombreuses proies adaptées : drosophiles (mouches), enchytrées (vers blancs), artémias (petites crevettes), daphnies, cyclopes, larves de moustique, etc.
Je me doute que cette solution te convient peu car fastidieuse, mais si tu l’applique une ou deux fois par mois c’est déjà bien pour varier l’alimentation.

II – La nourriture sèche

Avantages : le seul avantage est sa longue conservation et sa facilité d’usage.
Options : ça tout le monde connait bien, ce sont les fameux granulés ou paillettes ! Mais tu peux aussi varier avec des daphnies, krills, cyclops lyophilisés ou déshydratés. Du fait de sa facilité de stockage elle reste l’alimentation de base au quotidien, mais ne devrait pas être l’unique car c’est la moins riche et diversifiée. Mais si tu vois « spiruline » dans la composition c’est top !

III – La nourriture congelée

Avantages : elle est aussi facile à conserver que la nourriture sèche, mais elle est de bien meilleure qualité !
Options : si acheter en magasin est possible (cyclops, mysis, artémias, krill), c’est néanmoins plus cher et moins bénéfique pour les poissons. La meilleure solution… c’est de faire ta popote ! Aller c’est pas si prenant, disons 15-30 min de préparation pour plusieurs mois de stockage si tu te débrouille bien, et ça vaut le coup pour la santé des poissons et la beauté de leurs couleurs (grandement dépendante de leur alimentation).

Et voici donc la recette de base pour des cichlidés omnivores, les proportions sont à ajuster au régime des pensionnaires (je précise que ce n’est pas la mienne mais un résumé grossier de celle proposée M. Philippe Burnel) :

  • 2/3 de moules, crevettes, merlan, éperlan
  • 1/3 d’épinards, brocolis, carottes, petits pois
  • quelques plaquettes de gélatine à confiture préalablement trempées dans l’eau froide (sert à éviter que la pâte ne se disperse trop dans l’eau)
  • bonus : ajouter de la spiruline permet de rehausser les couleurs rouges ou oranges des cichlidés
  1. Passe le tout au mixer sans te soucier des carapaces de crevettes ou des arrêtes de poissons.
  2. Servir frais ou mettre le tout au congélateur (en plaquette dans un sachet c’est l’idéal pour en couper des morceaux, à moins de trouver un bacs à glaçons dont chaque loge correspondrait à une ration).
  3. Au moment de servir : décongeler la nourriture dans un bol d’eau et fragmenter en petits morceaux (pour éviter aux goinfres de tout emporter).

Aliments à proscrire : vers tubifex, vers de vase (les trucs rouges), tout produit provenant d’un animal à sang chaud, tout aliment du commerce contenant des graisses d’animaux à sang chaud.


Entretient

Rappel évident : tout débrancher avant chaque entretient.

I – L’eau

Un changement de 1/3 du bac tous les 15 jours est nécessaire et suffisant.
L’eau doit être à la même température que l’eau de l’aquarium. Pense à bien vérifier que le pH correspond bien au besoin des poissons (7,5 à 8,5 pour du Malawi et 8 à 9 pour du Tanganyika).
Attention : ne pas faire un changement d’eau après de fortes pluies qui drainent les pesticides et les nitrates des champs.

II – Les masses filtrantes

Un nettoyage 1x par mois en les essorant plusieurs fois dans de l’eau prise de l’aquarium.
Attention : pas d’eau bouillante ou du robinet qui tuerait les bactéries bénéfiques contenues dans ces masses filtrantes.
Attention : ne pas toucher aux nouilles céramiques dans le fond.

III – Les pompes

Si le débit faiblit, démonter les pompes pour nettoyer les turbines. Sinon, un entretien trimestriel est suffisant.

IV – Le sol

Si l’eau n’est pas suffisamment brassée par endroits un dépôt brunâtre (le moulme) s’y dépose. Ce dépôt, gros consommateur d’oxygène, est composé des divers déchets : aliments, bactéries, excréments… qui se déposent à la surface du sol.
Solution : l’aspirer avec un tuyau lors du changement d’eau. Ajuster le brasage en évitant les zones mortes permet d’éviter ce problème.
Attention : ne jamais tout nettoyer en même temps ! Une fois le changement d’eau, une fois les masses filtrantes, une fois la pompe, etc.


Partir en vacances

Rien de plus simple et agréable ! Néanmoins voici quelques conseils pour éviter une catastrophe :

  • Faire un changement d’eau et nettoyer les mousses avant de partir.
  • Ne pas nettoyer les algues sur le décor et les vitres, elles serviront de nourriture.
  • Arrêter le chauffage de l’aquarium : les cichlidés du Malawi supportent très bien des températures pouvant descendre jusqu’à 16° en hiver. Par contre en cas de défaillance du thermoplongeur l’eau peut atteindre 40°C en quelques heures, aucun cichlidé n’y survit.
  • Ne pas nourrir pour une absence des quelques jours à 2 semaines : les cichlidés adultes peuvent supporter jusqu’à 4 semaines de jeûne sans problème (les jeunes seulement une semaine) et un excès de nourriture est beaucoup plus dangereux.
  • En cas d’absence prolongée (≥ 1 mois), installer un distributeur de nourriture avec une seule distribution par jour et en très petite quantité. Même si je te déconseille son utilisation au quotidien pour vraiment contrôler la quantité que tu donnes et varier l’alimentation (cf chapitre Alimentation).
  • S’assurer que le brassage d’eau est suffisant, surtout en été par forte chaleur.

Densité de la population

Il s’agit du dernier chapitre de la partie II et il fait le parallèle avec la partie suivante qui correspond à un exemple de population pour ce bac en particulier.

Le nombre de poissons par rapport au volume de l’aquarium est très important pour plusieurs raisons :

Trop de poissons = des conflits permanents générant du stress, un manque de place pour l’établissement des territoires ou de cachettes pour les femelles gravides, mais aussi une grosse production de déchets qui peuvent provoquer des pics de nitrites et intoxiquer tout le monde.
Trop peu de poissons = agressivité accrue par l’établissement d’une hiérarchie bancale avec un ou deux super-dominants qui s’approprient l’ensemble de l’aquarium comme territoire et harcèlent les autres habitants.

On compte généralement au minimum 3 litres d’eau par centimètre de poisson adulte c’est-à-dire environ :

  • 1 poisson de petite taille (5 à 10 cm) pour 20 litres d’eau.
  • 1 poisson de grande taille (10 à 20 cm) pour 50 litres.

Exemple : si l’on considère uniquement l’ajout de petites espèces (ce que je recommande pour un rendu plus esthétique), on obtient alors une population maximum de 23 individus.

Note : s’il peut être intéressant de légèrement surpeupler un aquarium contenant des M’bunas du Malawi afin d’atténuer l’agressivité de certaines espèces, il est préférable de légèrement sous-peupler un aquarium contenant des espèces du Tanganyika pour observer des comportements intéressants et préserver les territoires de chaque espèce.

Il est préférable et parfois nécessaire de maintenir les poissons par couple, par trio (1 mâle pour 2 femelles), ou par petits groupes. Ce sera précisé pour chaque espèce suggérée dans la partie suivante.


Partie III

Descriptif des espèces suggérées

Initialement cette partie devait être bien différente et beaucoup plus complète, avec des descriptions rédigées espèce par espèce comprenant la taille adulte, le régime alimentaire, l’habitat, les comportements (territorialité, soins parentaux, etc), le dimorphisme sexuel, et la reproduction.

Lorsque j’ai commencé à rédiger cet article, il était destiné à mon père qui m’avait demandé lui proposer une liste d’espèces pour établir une nouvelle population dans l’aquarium. Je l’ai donc fait pour lui, mais comme je n’ai pas d’expérience dans la maintenance de beaucoup d’entre elles, j’ai décidé de ne pas m’avancer dans des descriptions très précises ici. Ces informations sont donc issues de recherches bibliographiques et je te recommande donc de garder un œil critique sur ce que tu lira ici.

Enfin, je rappelle que ce ne sont que des exemples de populations ! Le nombre d’espèces et d’individus est adapté à cet aquarium en particulier mais pas forcément au tiens. Il est aussi adapté aux critères de mon père qui souhaitait des espèces relativement simples à maintenir et « plutôt calmes » (pour des cichlidés africains, on s’comprend).

Tableaux récapitulatifs

LAC MALAWITaille max (cm)Régime alimentaireHabitat préférentielDéfense d’un territoireAgressivité
intra/extra
espèce
Protection
des
alevins
Survie des alevinsNombre conseillé (♂/♀)
Aulonocara baenshi12InvertivoreSable+0/0001/2
Iodotropheus sprengerae10InvertivoreRochers+++/00+1/2
Labidochromis caeruleus10InvertivoreRochers00/00+++1/2
Pseudotropheus saulosi9Algivore OmnivoreRochers0/++/0001/1
Pseudotropheus sp. »acei Msuli »14Algivore OmnivoreSable00/00+1/1
Sciaenochromis fryeri≈ 15Piscivore OmnivoreRochers++/00?1/1

Conclusion

Un total de 15 cichlidés, soit 17 poissons si on compte le pléco (Pterygoplichthys pardalis) et le poisson-chat (Synodontis njassae) qui étaient déjà présents initialement, ce qui est bien suffisant compte tenu de la taille de certaines espèces. Les régimes alimentaires (prédateurs/végétariens) s’équilibrent et une alimentation mixte (omnivore) est souhaitée. La présence d’au moins deux espèces faiblement territoriales nécessite la mise en place de deux îlots rocheux distincts séparés par une bande sableuse où pourront vivre les deux espèces sabulicoles. Ce sont de très belles espèces et relativement calmes par rapport aux autres cichlidés africains. Deux espèces sont sensibles à la qualité de l’eau (Pseudotropheus sp. « acei Msuli » et Sciaenochromis fryeri).

Synodontis njassae dans un aquarium communautaire avec des cichlidés.
Synodontis njassae est un poisson-chat originaire du lac Malawi et des cours d’eau affluents. Il fréquente les zones rocheuses où il s’abrite dans les infructuosités le jour et n’en sort qu’à la nuit tombée pour chercher sa nourriture plus proche de la surface. C’est une espèce opportuniste et paisible qui s’adapte parfaitement à un bac communautaire avec des cichlidés africains.

LAC TANGANYIKATaille max (cm)Régime alimentaireHabitat préférentielDéfense d’un territoireAgressivité
intra/extra
espèce
Protection
des
alevins
Survie des alevinsNombre conseillé (♂/♀)
Cyprichromis leptosoma « Malasa »12PlanctonivorePleine eau et surface++/0002/3
Julidochromis marksmithi8InvertivoreRochers++++/+++++++2/3
Lamprologus ocellatus6InvertivoreCoquilles+++++/++++++1/2
Neolamprologus brichardi9Invertivore PlanctonivoreRochers++++/++++++++2/3
Neolamprologus cylindricus12InvertivoreRochers++++/++++2/3

Conclusion

Un total de 23 cichlidés, soit 26 poissons si on compte le pléco (Pterygoplichthys pardalis) et le poisson-chat (Synodontis njassae) qui étaient déjà présents initialement, ce qui correspond à une légère surpopulation mais la petite taille de la plupart des espèces compense le problème. D’ailleurs il n’est pas obligé de mettre toutes ces espèces : puisque certaines sont grégaires on peut diminuer le nombre d’espèces mais augmenter le nombre d’individus dans ces espèces pour qu’elles forment des bancs. Le régime alimentaire est principalement invertivore, il faudra donc ajuster l’alimentation en conséquence (par exemple changer les proportions de la recette à congeler). Une espèce est conchylicole et nécessite la présence d’une zone avec des coquilles (escargots de bourgogne ou bulots).  Les espèces présentes ici sont souvent plus petites que celles du Malawi, mais elles sont généralement grégaires et plus territoriales, ce qui implique des comportements un peu plus complexes et la gestion des relations entre elles pourra s’avérer plus compliquée qu’avec celles du Malawi. Par contre, obtenir des alevins qui arrivent à maturité devrait être plus simple ici, voir trop si une espèce se développe trop vite et envahie l’aquarium au détriment des autres.

Un pléco, Pterygoplichthys pardalis, dans un bac communautaire avec des cichlidés africains.
Bien qu’il soit originaire du bassin de l’Amazone en Amérique du Sud, Pterygoplichthys pardalis s’adapte bien à un bac communautaire avec des cichlidés africains où son rôle d’algivore est apprécié à sa juste mesure.

Partie IV

Informations & achats

Méfiance !

I – Hybrides

Il est très courant maintenant que les espèces proposées à la vente soient en réalité des hybrides de plusieurs cichlidés ou des sélections faites par l’Homme, et ce aussi bien dans les magasins qu’en bourse.
Pour éviter de se faire piéger, voilà quelques questions que je te conseil de poser. Si les réponses sont hésitantes, je te conseil d’aller voir ailleurs ou de demander à un autre vendeur.

  • La maintenance est-elle faite en bac communautaire ? (si oui, le risque d’hybridations est important)
  • Peut-on voir les parents ? (normalement un bon éleveur possède des photos de ses couples reproducteurs)
  • Les alevins ont-ils été élevés à part ou ont-ils un risque de s’être mélangés avec d’autres alevins d’origine douteuse ?

En parlant d’hybrides, l’hybridation entre espèces proches est aussi possible au sein même de ton aquarium et ce n’est pas souhaitable (ex : genre Aulonocara).

II – Dimorphisme sexuel

Bien que je te recommande d’acheter des individus juvéniles ou sub-adultes (pour une espérance de vie plus longue et une meilleure adaptation dans l’aquarium) il faut faire très attention à bien déterminer le sexe des poissons, ce qui n’est pas toujours évident avec des jeunes ou des animaux stressés… Ce serait très désagréable de se retrouver avec 2 mâles et 1 femelle (celle-ci se fera harceler et les mâles de certaines espèces ne peuvent pas se blairer). Pour éviter de te faire avoir par un vendeur (volontairement ou non) je te recommande donc de bien te renseigner en amont sur le dimorphisme sexuel des espèces que tu souhaite acquérir. Parfois la détermination du sexe est impossible pour des juvéniles (parfois même pour des adultes), il est donc judicieux de prendre un groupe d’individus et de retirer plus tard les mâles excédentaires qui risqueraient de se cartonner… Dans le cas de certaines espèces du Tanganyika, prendre un groupe est de toute façon nécessaire pour l’établissement d’une hiérarchie.


Où trouver des cichlidés ?

Le mieux est toujours d’acheter ses cichlidés auprès de particuliers ou d’éleveurs passionnés. Déjà parce que tu peux discuter des conditions de maintenance des poissons, mais aussi connaître plus facilement leur origine. De plus, un passionné sera plus consciencieux sur ses reproductions et la qualité de ses paramètres de maintenance. Et même si ce n’est pas le cas, c’est plus simple de t’en rendre compte en discutant avec lui. Il est possible de trouver ces personnes au bouche à oreille, sur les forums, dans des associations, ou dans des bourses.

Les bourses justement ! C’est aussi un bon endroit où acheter tes poissons. Tu y trouves de tout, des particuliers comme des professionnels, du bien comme du moins bien. Mais au moins du as du choix. La maître mot est encore une fois de discuter avec le vendeur pour en savoir plus. Les arnaques sont légion, même là. En prix aussi tu as de tout, mais tu peux y faire de bonnes affaires. Tu peux trouver la liste des bourses sur le site de l’AFC, le forum, ou sur des groupes Facebook (cf chapitre Bibliographie).

Les associations sont aussi un très bon moyen d’acquérir des poissons, parfois même pour presque rien. Même s’il n’y en a pas dans ton coin, un poisson bien transporté (dans une glacière notamment) peut facilement faire plusieurs heures de route.

Enfin, à éviter si possible : les animaleries. A la limite pourquoi pas certaines animaleries spécialisées dans l’aquariophilie si tu es sûr que le vendeur est de bonne foi et qu’il peut t’indiquer la provenance de ses poissons (pour être sûr qu’il ne s’agit pas d’hybrides ou qu’ils n’ont pas traversé la moitié du monde la veille dans des conditions déplorables avant de venir mourir chez toi). Ah et les animaleries sont très souvent plus chères que les particuliers.

A proscrire : les « animaleries » généralistes et celles qui n’en sont pas. Quand un vendeur peut passer du rayon aquario, chiens, barbecue et plantes vertes en une semaine ça ne sert à rien de discuter (sans parler des conditions de maintenance déplorables de leurs poissons plus que propices aux maladies). Evidemment parfois il est possible de tomber sur un vendeur passionné qui te conseillera très bien, mais c’est un peu la roulette russe pour tomber dessus…


Bibliographie

  • CICHLID, [2021]. [en ligne]. [Consulté le 4 octobre 2022]. Disponible à l’adresse : https://sites.google.com/site/cichlidemalawi/accueil
  • Les articles de Philippe Burnel, [sans date]. [en ligne]. [Consulté le 4 octobre 2022]. Disponible à l’adresse : http://philippe-burnel.fr/articles.htm
  • Le guide des Cichlidés, édité par l’AFC (le bouquin idéal pour débuter et éviter les erreurs de base).
  • Les Cichlidés, par Michaël Negrini (une mine d’infos sur les cichlidés des grands lacs africains, fluviatiles, d’Amériques et de Madagascar).
  • Le grand livre des cichlidés, 2° édition, par Ad Konings (c’est LA bible des cichlidophiles).

Si tu cherches une association pour partager tes doutes et en apprendre d’avantage, je te recommande de contacter l’AFC : l’Association France Cichlid. Ils sont présents partout, avec notamment une page et un groupe Facebook, un site internet, et un forum. Ce dernier, toujours actif à l’heure où j’écris ces lignes, te permettra de contacter facilement des personnes plus compétentes que moi mais aussi de trouver toutes sortes d’infos comme par exemple les dates des prochaines bourses.


Et voilà ! Merci de m’avoir lu jusque ici, j’espère que cet article vous a plu. Il n’était pas destiné à se retrouver en ligne mais comme tout était rédigé autant qu’il profite à tout le monde. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques, critiques et autres commentaires pour que je puisse améliorer le contenu sur ce site.

Sur ce, boujou bien !

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