Pourquoi les oiseaux ont-ils un bec ?

Au sens large, un bec est une structure anatomique externe qui permet la nutrition chez les oiseaux. Au sens strict le bec est un phanère, c’est-à-dire une structure en kératine comme les poils, plumes, écailles, griffes et ongles, qui se développe sur des structures osseuses du crâne. On distingue donc la rhamphothèque ( = tégument corné du bec) des deux mandibules osseuses qu’elle recouvre. Et bien sûr, comme vous le savez, un bec ne possède pas de dents.

La perte des dents chez les premières formes d’oiseaux a permis d’alléger considérablement la tête en éliminant non seulement les dents, mais aussi les muscles puissants qui actionnent la mâchoire et les os larges permettant leur implantation. Ainsi, le bec permet d’obtenir le même volume qu’une mâchoire d’os mais avec un gain de poids important. En ce sens, l’apparition du bec pourrait coïncider avec l’origine du vol et pourrait constituer une adaptation importante à celui-ci.

On peut aussi noter qu’un bec corné, fait de kératine, se laisse plus facilement façonner par les pressions évolutives qu’un os, ce qui a permis le développement d’une grande diversité de formes. Les membres antérieurs étant modifiés en ailes, le bec fait office de main et permet une manipulation fine des objets, la toilette (lissage et graissage des plumes), le nourrissage des jeunes et bien évidemment la prise alimentaire. Ainsi, la forte plasticité évolutive du bec a permis aux oiseaux d’accéder à de très nombreux régimes alimentaire différents et c’est pourquoi on observe une si grande diversité de taille et de forme du bec entre espèces d’écologies et de régimes alimentaires différents dans l’avifaune actuelle. Enfin, le bec joue aussi un rôle dans la sélection sexuelle et dans la perception sensorielle : odorat (narines), goût (papilles gustatives) et toucher (corpuscules de Herbst).


Ici en illustration : l’ara bleu (Ara ararauna).

  • cours d’anatomie comparée des oiseaux au MNHN avec le Dr Anick ABOURACHID
  • Edward Klein (1785). Elements of histology. Lea. p. 124.
  • Hieronymus, Tobin L. et Witmer, Lawrence M. Homology and evolution of avian compound rhamphothecae. The Auk, 2010, vol. 127, no 3, p. 590-604.
  • Jacques Berlioz, La vie des oiseaux, Les éditions Rieder, 1931, p. 19
  • Pierre-Paul Grassé, Traité de zoologie: anatomie, systématique, biologie, Masson, 1950, p. 8.
  • « L’extérieur des oiseaux », Clinique Vétérinaire Brasseur, Manage, Belgique, 2020.

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